Xavier Merlet aux ACP…

 

Caustique, et tendre, narquois et souriant, vous avez toutes les bonnes raisons d’aller écouter Xavier Merlet quand il passera près de chez vous… C’était aux ACP à Paris début Février… Et garanti AOC, m’sieurs dames !

Et on retrouve en scène les promesses de l’album. En scène, il est en compagnie des 3 guitares de Marc Brébion, les deux compères ajoutent parfois une scénographie en forme de ballet très zen, une sorte de haïku visuel, avec des impromptus qui font de chaque spectacle un moment unique d’improvisation. On pourrait dire bien des choses, broder et décrire, mais décrire c’est détruire… Sachez que dans cette ballade avec Xavier Merlet et Marc Brébion vous suivrez un parcours avec des pleins et des déliés, comme avec l’écriture cursive à la plume Sergent Major, et l’encre violette qui avait des petits cristaux étoilés… Que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Néanmoins quand Xavier Merlet vous offrira ses ballades, vous les verrez les petites étoiles obstinées qui refusent de s’éteindre, et qui vous envoient leur signal scintillant des années lumières après leur mort. Comme pour vous dire : Notre force s’arrête là où notre peur commence (1).

Et, mon enfant, « Si tu vois un jour ta liberté se perdre, je t’autorise, amour, à dire Bordel de merde » (AOC)

(1) attribué aux suffragettes

Norbert Gabriel, Le Doigt dans l'Oeil, 17 février 2018, https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/author/leblogdudoigtdansloeil/

Chanteur d'origine non-contrôlée

 

À l’heure des machines, du sampling et de l’auto-tune, le geste le plus radical pour un artiste ne serait-il pas de simplement viser l’épure ? C’est en tout cas le chemin qu’a pris Xavier Merlet, à l’instar d’un Brassens, avec A.O.C, cinquième album construit autour de deux guitares et rien de plus… Ah si : tout de même beaucoup de rimes, d’esprit et de poésie rive gauche. Passéiste ? Pas tant que ça. Le titre A.O.C. est une réaction à un discours de Nadine Morano sur « la France, pays de race blanche » et plus généralement à certains débats qui traversent la société…

Wik Nantes/St Nazaire, n° 260, du 24 janvier au 13 février 2018.

Xavier Merlet : ce « je » qui vaut la chandelle

 

Une voix fragile, fluette, haut-perchée, qu’on pourrait croire en danger tout le temps. Et chargé de mots et de maux bien plus lourds qu’elle… « Vas-y, bombe le torse / Vas-y bombe ma vie / Allez vomis ta force / Toi mon bel ennemi… » Seule la guitare arme le chanteur (la sienne et surtout celle de Marc Brébion), le carapace, lui donne force et audace. « Et s’il faut que demain je rappelle / Encore, le sort / Des enfants que l’on noie sous le fiel / De nos efforts / A vouloir que nos visions soient celles / Qui disent à tort / Le chemin d’amour universel / C’est le mien, monte à bord ». Dès l’entame de ce nouvel album, c’est Encore, à la fois sur Lampedusa et sur Charlie-Hebdo, la folie des Hommes sur cette terre…

La chanson est en elle-même un média ; chaque chanteur une part d’information : observation et restitution. Ces événements-là, qui sont tant à conjuguer à hier, aujourd’hui et à demain, n’ont pas fini de résonner en nous. Même si « Je sais je t’agace / Je sens tu te lasses / De mes opinions ». Ici, Xavier Merlet, lui qui peut passer pour un « donneur de leçons », se pose la question : « Le je en vaut-il la chandelle ? / Dans l’engagement rien ne stipule / Que l’on va vous couper les ailes ».

Voici Xavier Merlet, un être somme toute ordinaire. Il aime et le dit, mieux encore il le chante. Il s’intéresse aux choses de ce monde. Et s’énerve et s’indigne. Il procrastine, il lambine. Il fait la chasse aux gromos. Oui, il chante. Des chansons qu’il nourrit de sa vie, de ses envies, de ses dégoûts, de ses peurs (« peur de l’idée / que la peur se nourrisse de la peur »). Tout ça fait sens et un beau jour fait son. C’est son cinquième album, peut-être le plus abouti à ce jour, celui dont on a envie plus encore de vous le recommander, de ne pas passer à côté cette fois-ci. Douceur de la voix, assurance du propos, poésie, nous sommes ici entre folk-song et protest-song (qui fait souvent songer à Louis Capart, c’est de ma part un compliment), au cœur de la chanson simplement, de celle qui sait saisir le temps présent, mélange de choses graves et de futilités, d’amour et de drames, celle qui pose des idées et dame des pistes. « Une chanson qui pleure / Ou qui rit, c’est selon », de la Variété française tout simplement : « Mais Marine ma variété à moi / Elle est terrienne avant d’être française » lance-t-il dans une charge de bon goût, de bon sens, à l’égérie de la haine. Une chanson des temps présents, qu’on écoute ci-dessous…

Xavier Merlet, A.O.C., 2017. Le site de Xavier Merlet, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. 4 titres de cet album en écoute ici. En concert le 2 février à l’ACP Manufacture Chanson à Paris ; le 13 février à La Bouche d’Air à Nantes.

 

Michel Kemper, Nos Enchanteurs le quotidien de la chanson, le 24 janvier 2018, http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2018/01/24/xavier-merlet-ce-je-qui-vaut-la-chandelle/

XAVIER MERLET à LA MANUFACTURE CHANSON Le 2 FEVRIER 2018 à 20 H 30

Il est mince et souple, il fait penser à une branche de roseau qui ne saurait courber l’échine même devant un chêne imposant.
Tel un Orphée des villes, il colporte ses coups de cœur, ses coups de gueule, avec délicatesse, tendresse et beaucoup d’humour.
Il dit ce qu’il pense mais sans brutalité alors même que ses propos fleurent la révolte.
Cela dit, il est philosophe et ses chansons font du bien car elles expriment ce que souvent nous n’osons dire tout haut.
Nous l’avons découvert à la Manufacture Chanson à Paris, en décembre, il y revient le 2 Février 2018 et sera à NANTES le 13 Février 2018.
Il ne faut pas le manquer, ce troubadour a vraiment du charme, il est bio comme dirait une carotte dont il est question dans le spectacle.
Bio c’est-à-dire personnel, original, indépendant, toujours flanqué de sa guitare sèche et du guitariste, Marc BREBION.
Vous le reconnaitrez, il a l’air timide mais ses yeux brillent d’insolence musicale !
Evelyne Trân, Le Monde.fr, Paris, le 21 Janvier 2018.

Nous avons écouté le nouvel album de Xavier Merlet !

 

Il y a des albums qui séduisent dès la première écoute et qui donnent envie de découvrir l’artiste sur scène et « AOC » le nouvel album de Xavier Merlet fait partie de ceux-là.

Cinq ans après « La Théorie Du Gentil », le chanteur est de retour avec un disque remarquablement bien écrit et joliment mis en musique en guitares-voix.

Dans « AOC », il y a quelque chose de vrai au niveau des paroles et quelque chose d’intime au niveau de la musique.

Quand on écoute Xavier Merlet, on pense à Brassens et il y a de cela en lui, on salue la qualité des mots, le sens des paroles, la douceur des accords, la voix aussi.

Notre société est au centre de ce nouvel album, une société pas bien rose mais chantée par Xavier Merlet, elle devient tout de suite moins grise et on se dit ne serait-ce qu’en écoutant « J’ai Pas Peur » qu’il y a quand même de l’espoir.

Nos titres préférés sont « Tant Pis Tant Mieux », « A.O.C », « Ouille », « Un Peu De Tout Ça », « Le Gromo », « Variété Française », « La Recette Du Bonheur », « Chanson En 120 Minutes » et « J’ai Pas Peur ».

Le chanteur présentera ses nouveaux titres demain à La Manufacture Chanson avant d’y revenir le 02 février.

Steph Musicnation, La Parisienne Life, le 12 Décembre 2017, http://www.laparisiennelife.com/2017/12/nous-avons-ecoute-le-nouvel-album-de-xavier-merlet.html

Xavier Merlet

 

Dans son quatrième album, A.O.C., le chanteur dévoile d’une voix douce des ballades dans la ligne de la chanson traditionnelle tendre ou engagée. Il livre notamment de son verbe malicieux un certain nombre de réflexions sociales et culturelles humanistes. Pas vu mais attirant.

Marie-Catherine Mardi, Télérama, le 7 décembre 2017, http://sortir.telerama.fr/concerts/xavier-merlet,n5231314.php

XAVIER MERLET : A.O.C

 

En proposant quatre albums entre 2002 et 2012, Xavier Merlet est parvenu à se faire un nom dans le monde de la chanson française et après cinq longues années d’attente, c’est avec un nouvel effort qu’il revient sur le devant de la scène, ajoutant un spectacle à ce nouvel album et commençant dès à présent à aller le faire vivre sur les routes de France en bonne compagnie. Sans langue de bois et avec un trait d’humour habilement déposé sur des textes clairs dans lesquels il est question de manière récurrente d’intolérance, de rejet de l’autre ou même de racisme, l’artiste nous ramène vers le monde d’aujourd’hui et nous le décrit dans un format en duo où les guitares de Marc Brébion viennent habiller une voix qui sait être tantôt convaincante, tantôt rassurante, inquiétante parfois mais toujours très harmonieuse et surtout très juste. En treize titres, Xavier Merlet nous propose ainsi de faire le grand tour des origines avec « A.O.C », un album qui se fait le reflet d’un monde qui se cherche mais qui ne se trouve plus, un monde où l’on se regarde parfois en chien de fusil sans vraiment essayer de véritablement se voir … On en passe donc par des chansons où il est souvent question d’appartenance, de différences et de toutes les incompréhensions qu’elles entrainent, des chansons dans lesquelles l’artiste s’indigne parfois, plaide d’autres fois, et surtout des chansons dans lesquelles on le sent espérer que l’homme devienne un jour plus humain, plus ouvert, plus tolérant … Ca se traduit par des compositions toutes en nuances et en subtilités, des chansons formidablement humaines et intelligemment engagées comme « Tant pis tant mieux », « Ouille », « Le Gromo », « Variété française », « La recette du bonheur » et bien entendu « J’ai pas peur », des chansons qui une fois réunies font de cette « A.O.C » une superbe démonstration d’éducation civique que l’on devrait mettre en libre-service dans toutes les écoles et tous les collèges. Le monde s’en porterait forcément mieux !

Fred Delforge, ZICAZINE, le 6 décembre 2017, http://www.zicazic.com/zicazine/index.php?option=content&task=view&id=14447&Itemid=62

Le Doigt dans l'Oeil : Xavier Merlet A.O.C

 

Commençons par un rappel dont cet extrait résume assez bien le ton général…

Si l’homme veut se casser la gueule

Du point de vue de la mouette

Qu’il tombe tout seul.

Xavier Merlet porte bien son nom c’est une sorte de voltigeur du verbe et de la note qui fait danser des fables acidulées, un chansonniste incisif et narquois.  Mais c’est pas lui qui va charger la mule  dans l’emphatique pompeux ou intellichiant à message pour dispenser la bonne parole, les mots sont là, les musiques balladines et swingantes, et le tout vous éveille les neurones au cas où ils se seraient laissés engourdir par les discours frelatés des pinocchios de la politicom’ formatée. Lui c’est plutôt Figaro, l’insolent, le rebelle subtil qui lance ses banderilles verbales et à la fin de l’envoi, Cyrano souriant, il touche. On imagine le trait du fleuret qui trace un X comme le Z de Zorro sur le postère de l’importun.

Dans son nouvel album, Xavier Merlet fait un panoramique sur l’état des lieux, et si globalement, il n’y a pas de quoi se tordre de rire sur notre monde, on peut faire comme si tout n’est pas perdu, comme si des îlots de fraternité résistaient aux prophètes de la peur. Il faudrait être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple, c’est toujours d’actualité.

Ce pourrait être Arlequin, diversement décrit selon les traditions des pays, mais celui qui lui va le mieux est celui des orientalistes soufis pour qui le mot arlequin serait issu de l’arabe aghlaq le nom alors donné aux maîtres qui enseignaient par l’humour et la dérision. Si non è véro, è ben trovato…  Ajoutez la musique et le cocktail est prêt, tonique, pétillant, et éducatif, conseil à un enfant, en bon français, car l’enfant est aussi l’avenir de l’humanité.

Si tu vois un jour

Ta liberté se perdre

Je t’autorise, amour

A dire “Bordel de merde. .

Le nouvel album est résolument roots, voix guitare(s), façon néo bluesman manouche, avec les guitares qui jouent des sérénades qu’on entend sonner comme des tocsins, car c’est aussi de cela qu’il est question, c’est un lanceur d’alertes, et à la Manufacture chanson le 13 décembre, on pourra découvrir en chair et en notes Xavier Merlet et ses nouvelles chansons, A.O.C. avec peut-être en bonus une de ses presqu’anciennes qui résonne avec une acuité particulière depuis quelques temps, c’était en 2005.

Et voici ce qu’il en est de la variété française, quand Xavier Merlet parle de sa France…  Respect..

…. Mais Marine ma variété à moi
Elle est terrienne avant d’être française
Peuplée d’hommes et de femmes qui croient
Qu’on peut toujours ajouter une chaise…

Norbert Gabriel, Le Doigt dans l'Oeil, 27 novembre 2017, https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/2017/11/27/xavier-merlet-a-o-c/

TOHU BOHU : XAVIER MERLET - A.O.C

 

Vous avez dit radical ?!
Oui, radical. Radical cet album l’est tout d’abord parce qu’il provient du besoin de faire un « reset », comme Xavier Merlet l’explique lui même. Il a appuyé sur le bouton « reset » pour remettre ses paramètres par défaut, ce qui donne un disque très dénudé, les mots, la/les guitare-s. À l’instar d’un Georges Brassens qui détestait les habillages chargés et potentiellement trompeurs, Xavier Merlet propose avec cet album une version sans artifice, sans « arrangement » de chansons qui valent pour elles-mêmes, paroles et musiques. Il faut tout de même mentionner qu’il y a un « guitariste en plus » sont il dit qu’il est une sorte d’autre lui-même en la personne de Marc Brébion qui fait de très jolies choses par ci par là dans cet album radicalement dénudé. Esthétiquement, voilà qui fleure bon la chanson à texte à la façon des cabarets du quartier latin, la rive gauche de l’après guerre.
Radical ensuite parce que motivé initialement par une réaction au propos de Nadine Morano qui, comme d’autres (la chanson Variété française est une adresse à Marine, qui se reconnaitra), asséna cette idée fallacieuse que la France est un pays de « race blanche ». Il n’en fallait pas plus (c’est déjà beaucoup) pour que Xavier Merlet monte au créneau. Non pas à la manière d’un pamphlétaire mais avec sa capacité de dérision et d’auto-dérision. D’où le titre A.O.C. qui donne la direction générale de l’album et nous apprend que l’auteur a « la fesse droite auvergnate ».
Evidemment, il ne s’agit pas d’un album thématique et, si le souci de l’autre y est souvent présent, autre différent mais pas étranger, on y trouve aussi des chansons qui parlent d’autres maux de l’époque et du quotidien. Procrastiner est de celles-là qui évoque une vie en attente d’exécution sur un air swing dont la coda donne la mesure du talent de l’alter égo guitariste. Il y a aussi cet Anticyclone qui, en ces temps climatiques troublés, évoque plutôt le burn-out qui guette et suggère un peu de paresse pour y échapper.
Enfin, j’ai un faible pour une chanson un peu fragile, maladroite et touchante, Joli cerveau qui dit bien des jolies choses sur un bel accompagnement de guitare et se conclue sur un triple « Je t’aime » qui ne laisse pas indifférent.
Mention spéciale à un petit exercice de style avec les incommodes rimes en « ouille » (y’en n’a pas tant que ça !) dans la chanson Ouille qui, ici encore exhorte à l’ouverture, la tolérance et la fraternité.

On pourra être dérouté par les partis pris par Xavier Merlet dans cet album radical (Larousse : qui appartient à la racine) mais il s’en dégage un charme sans afféterie qui conviendra aux oreilles en quête de sincérité et lassées des sirops trop suaves.

Georges Fischer, Tohu Bohu, 26 octobre 2017, http://www.tohubohu-media.com/xavier-merlet-a-o-c/

“A.O.C ” : L’ÉCLATANT CLAIR-OBSCUR DE XAVIER MERLET

En écoutant “A.O.C”, le nouvel album de Xavier Merlet, une évidence s’impose : méfiez-vous de Xavier Merlet, c’est un drôle d’oiseau… de passage qu’on ne peut pas/plus oublier.

Le genre d’auteur-compositeur-interprète dont les chansons vous touchent car elles sont hélas terriblement authentiques et actuelles. Mais ici pas de refrain pour coller à l’air du temps, ni de texte à faire mouche parce que c’est à la mode. Explications.

 

Cinq ans…. oui il aura fallu attendre aussi longtemps pour découvrir les nouvelles chansons de Xavier Merlet, conseillé artistiquement par Laëtitia Chenoir.

Et il a de la suite dans les idées, le bougre ! Une talentueuse obstination l’incite au fil des ans et des albums à tracer un profond sillon… Son inspiration nourrie des constats de la drôle de société dans laquelle nous (sur)vivons s’enrichit des impressions et réactions de l’artiste-observateur de son époque.

Étrange époque où intolérance, rejet de l’autre, méfiance, racisme semblent devenir les nouveaux repères. Mais attention ! Xavier Merlet n’est pas du tout un “chanteur à messages” qui vous plombe le moral.

Ici on jongle avec bonheur entre humour, autodérision, jeux de mots, et aussi un amour inconditionnel pour la langue française qui permet évidemment des écarts quand l’heure est grave  comme dans “Le Gromo”: “Si tu vois un jour/ Ta liberté se perdre/ Je t’autorise, amour/ A dire “Bordel de merde”.

 

“NOUS SERIONS DONC UN PAYS DE FESSES BLANCHES”

Prenez par exemple “Variété Française”, une des 13 chansons de cet album mise en ligne au printemps dernier avant les élections présidentielles : un clip aussi dépouillé par ses images que percutant par ses paroles ! Mais pas du tout du genre harangueur à monter sur les tribunes et les barricades.

D’où un texte faussement décontracté, sur une mélodie aux accents de balade dont le destinataire est explicitement désigné : “Cette chanson Marine, elle est à toi/ Toi qui ne soufflera pas sur les braises/ De crainte que le feu de l’Auvergnat/ Se mette à réchauffer la soudanaise“.

Dans un autre style musical s’impose évidemment le titre éponyme de ce CD. La chanson “A.O.C” est un p’tit bijou avec son refrain échappé de l’univers d’un Brassens survitaminé qui n’a pas la langue dans sa poche. Au point de se décrire (et de décrire la France) sous tous les angles avec entrain et sans pudeur : “Nous serions donc un pays de fesses blanches/ Et nous prions tous le dimanche / Mais pour aller au fion des choses/ Notez qu’nos trous du cul sont roses”.

Chaque chanson de cet opus est ciselé d’une façon particulière, et si certains thèmes sont récurrents, il n’y a jamais de répétition dans la manière de s’exprimer sans langue de bois comme dans “Un peu de tout ça” quand la vie à deux se transforme en impasse : “Mais au final après vingt ans/Certes, on se supporte, on s’entend. Et on s’emporte pour un rien/ Moi je ne veux pas faire semblant/ Je pense que tu devrais foutre le camp”.

Quant à “Ouille”, c’est un constat d’une évidente lucidité : “Tu dis à l’envi sans répit tu dis qu’ils veulent tous venir ici”. Alors comment réagir face à ces infos qui bousculent nos relations sociales?  “Je sens que tout ça part en couille/Que si on en parle on se brouille/ Entre amis, entre bons voisins”…

Offert en guitares-voix, “A.O.C” est l’album d’un convaincant Terrien qui se fout des frontières, ou plutôt des étiquettes et des drapeaux comme dans “J’ai pas peur” ou bien sa “Chanson en 120 minutes” confrontée à “la chaleur du feu de l’opinion/Des sondages crieurs/ Des mensonges du Front/ du Manque de lecteurs/ Des résumés bidon”.

 

“IL FAUT ALLUMER LA PLANÈTE PLUTÔT QUE LE TÉLÉVISEUR”

Reste ma chanson préférée de l’album “A.O.C” : “La recette du bonheur” avec son texte qui fait du bien sur un entrainant refrain qui monte en crescendo …  “Quand l’Autre me prend dans ses bras/Je vois la vie -ensemble – en rose/Et je lui dis : posons-nous là/ Il faut que toi et moi on ose/ Chanter partout et à tue-tête/Que l’essentiel semble être ailleurs/Qu’il faut allumer la planète/Plutôt que le téléviseur”. 

“Je n’adulterai pas” (2002); “Du point d’vue d’la mouette” (2005); “Clacfric Land” (2009) et “La théorie du gentil” (2012) : plusieurs des précédents albums de Xavier Merlet ont été mis en évidence dans le trimestriel “Chorus, les cahiers de la chanson” ainsi qu’un portrait né de ma rencontre avec Xavier Merlet en octobre 2005, après son concert à l’Essaïon à Paris vécu avec un voisin nommé Pierre Barouh.

Avec ce nouvel album, Xavier Merlet s’affirme plus que jamais fidèle à lui-même. A ses passions et ses convictions qui refusent l’hypocrisie. En 43 minutes et 28 secondes, ses nouvelles chansons sont non seulement très agréables à ÉCOUTER pour l’apparente légèreté qui s’en dégage, mais aussi à ENTENDRE pour qui a envie de prendre le temps d’en savourer le contenu.

D’où le titre d’ “éclatant clair-obscur” accolé à cet article…  car ce nouveau CD a des allures de puzzle aux multiples nuances. Et une fois assemblées, elles vous offrent le portrait d’un auteur-compositeur-interprète poussé par l’envie et le besoin de chanter tout haut ce que trop de gens disent tout bas.

“A.O.C” est assurément un excellent cru à découvrir, à partager, et à consommer sans modération.

 

Albert WEBER, www.planetefrancophone.fr

Xavier Merlet, la guitare au poing

En écoutant A.O.C, on est pris d’une douce nostalgie. Pas celle du « c’était mieux hier ». Plutôt celle des combats de nos pères. Jamais abandonnés. Moins exclusifs. Davantage partagés. La guitare au poing, l’autre main dans celle du voisin, avec A.O.C, Xavier Merlet réussit le tour de force de nous rappeler combien ce label officiel français est tout aussi chilien, soudanais, auvergnat, javanais, portugais, qu’algérien. Terrien.

Dans cette galaxie de la tolérance, la plume de Xavier Merlet n’emprunte pas aux clichés. Jamais. Tantôt drôle (« A.O.C »), tantôt rageuse (« Ouille »), sa « Variété française » se mâtine de swing manouche, de grilles d’accords au plus proche des corps (« Joli cerveau »). Et puisque lui aussi est aujourd’hui père, Xavier Merlet glisse, en track 2, un « Tant pis tant mieux », un brin désabusé, immédiatement relégué par « Le Gromo ». Hymne sublime offert à cette capacité qui nous habite tous d’un jour pouvoir dire « non, pas en mon nom ». Texte magnifique d’amour, de respect et de combativité dédié à ses garçons.

En treize titres, et pour que jamais la nostalgie du « c’était mieux hier » ne l’emporte, A.O.C nous invite à le proclamer : « J’ai pas peur ». Pour que les combats de celles et ceux qui sont à leur tour devenus mères et pères perdurent. Qui sait, la guitare au poing. Toujours, l’autre main dans celle du voisin.

 

Pierre-Yves Bulteau, journaliste indépendant, correspondant pour Mediapart et Mediacités.

Xavier Merlet, la plume grave et la note légère

 

Le chanteur herbretais sort son cinquième album, A.O.C. Les textes, subtils et grinçants, contrastent avec des mélodies aériennes et ciselées. Le révolté ne dépose pas les armes.

Ne pas se fier aux premières notes de musique. Et tendre l’oreille. Saisir les jeux de mots, les tournures de phrases. Et aller jusqu’au bout des 13 chansons d’A.O.C (Appellation d’origine contrôlée), sans s’en rendre compte. L’Herbretais Xavier Merlet signe avec ce nouveau disque un véritable sans-faute.

Un disque qu’on peut écouter distraitement, qui peut donner envie de sourire, mais qui sait prendre aux tripes. Xavier Merlet écrit quand « la petite boule de colère » surgit. Comme lorsqu’il entend Nadine Morano asséner que la France est un pays « de race blanche ».

« Comme si on avait un tampon A.O.C pour les blancs ! s’insurge-t-il. L’idée de la chanson – et également titre de l’album – est venue de là. Quand je me remets à l’écriture, que je prends ma guitare, une ou deux phrases viennent avec les notes (il se met à fredonner) : J’ai la fesse droite, d’origine auvergnate… La gauche prend ses racines, dans la terre angevine… La chanson, alors, est bien partie. » On valide !